Au Hasard

Pourquoi ne pas avoir peur des turbulences en avion ?

Si vous posiez la question aux passagers, la majorité vous répondra que les turbulences sont ce qu’ils craignent le plus en l’air. Et pourtant…la phase En Route et les secousse qu’elle implique à l’occasion est la moins dangereuse du vol. Petite démystification et vulgarisation de la turbulence par un pilote.

On peut vous asséner de nombreuses vérités statistiques sur l’avion : le trafic a triplé en 40 ans alors que le nombre de crash mortel à l’année n’a jamais été aussi bas; on pourra vous dire qu’il faudrait prendre l’avion tous les jours pendant 120.000 ans pour être victime d’un accident; ou encore que le trajet en voiture pour aller à l’aéroport est plus dangereux (toujours statistiquement) que le vol que vous comptez y prendre.

Tout cela est vrai, mais ne suffit pas toujours à raisonner les plus aviophobes, et les turbulences en rendent les effets encore plus difficile, car elles matérialisent le fait d’être effectivement en l’air.

C’est quoi une turbulence ?

Une analogie pour bien cerner la chose

On vous l’a expliqué mille fois et vous n’en avez jamais compris le concept ?

Imaginez-vous en voiture, vous roulez sur une route revêtue et plane. L’avion lui vol dans un air stable et laminaire, ses ailes en suivent le tracé parfaitement. Les deux véhicules roulent ou volent sur un profil rectiligne. Pour faire simple la turbulence est une déformation de ce profil, au même titre qu’un nids de poule ou un dos d’âne sur la route :

  • Roulez à 30 km/h dans un creux, la voiture fait un rebond.
  • Roulez à 200 km/h au même endroit, et il y a des chances que la secousse soit bien plus intense.

Il en va de même pour un jet filant à 900 km/h dans un air rempli de « creux » ou de « bosses » de plusieurs dizaines de centimètres à quelques mètres, lui même en mouvement. Vous voilà en air turbulent. Mais pas d’inquiétudes pour autant !

Les avions commerciaux sont des monstres de souplesse

Une solidité à toute épreuve

Il peut être impressionnant de voir danser les ailes dans un mouvement verticale lors de fortes turbulences. C’est une manière pour la structure d’absorber les chocs. Dites-vous bien que celles-ci ont été conçues pour résister à des contraintes bien plus importantes que la plus grande turbulence jamais enregistrée dans l’histoire de l’aviation.

Les techniques progressent afin de contrer des phénomènes climatiques en perpétuelle augmentation suite au réchauffement climatique. Il suffit d’observer les derniers modèles des constructeurs Airbus et Boeing : encore plus souples et plus résistantes, les ailes de l’A350 ou du 787 sont capables de débattements de 7 mètres et ont permis une réduction de l’intensité des turbulences de plus de la moitié.

C’est bien simple, un avion ne craint structurellement pas les turbulences.

Peut-on les éviter ?

Les pilotes peuvent dans la majorité des cas prévoir l’entrée et la sortie d’une zone de turbulence grâce aux radars intégrés à l’appareil. Ceux analysent les mouvements des particules d’eau jusqu’à plusieurs dizaines de miles et peuvent en conséquent prévoir les secousses à venir. Cette méthode permet entre autre de modifier à la marge la trajectoire.

Radar météo d'un avion de ligne
Radar météo d’un avion de ligne

Cependant les turbulences sont impossibles à détecter en air clair (c’est à dire non chargé d’humidité). Les nouveaux aéronefs commencent pourtant à être équipés d’un système dit « NTDA » : chaque avion surpris par des turbulences communique directement à une centrale la présence de ces variations. L’information est partagée ensuite à tout appareil en vol.

Afin d’améliorer d’autant plus le confort, d’autres types de capteurs sont à l’étude . On peut prendre en exemple la technologie consistant à enregistrer au niveau du nez de l’avion les mouvements de l’air. Un signal est ensuite envoyé aux gouvernes pour en contrecarrer les effets.

Dites vous bien que tout cela se fait dans une optique de confort pour le passager. Eh oui, le but ici n’est pas de préserver l’avion, on vous l’a dit celui-ci se portera très bien de toute façon !

Quelles sont les types de turbulences ?

Il existe plusieurs catégories de turbulences.

A partir du niveau modéré, l’eau clapote dans les verres et des passagers peuvent se sentir inconfortables. Les pilotes y sont habitués : l’immense majorité du temps cela n’implique aucuns changements dans la conduite du vol, si ce n’est une nouvelle altitude de croisière afin d’abréger les secousses. Celles-ci ne dépassent généralement pas 5 à 15 minutes, mais peuvent être plus longues.
Ce sont les plus fortes turbulences que l’on ressentira dans la plupart des vols.

Un niveau fort à sévère représente à peine quelque heures dans toute une carrière de pilote de ligne. Les « trous d’airs » (en réalité des creux de 10-20 mètres) sont importants ainsi que les secousses. Malgré l’aspect plus impressionnant, l’avion y fera face sans soucis particulier, et ce type de phénomène reste suffisamment rare pour n’avoir jamais été vécu par la plupart des passagers.

Attachez vos ceintures !

En réalité, la vraie problématique des turbulences sont les blessures sérieuses occasionnées aux passagers par les mouvements de l’avion (plusieurs dizaines de cas par an à l’international).
A ceux qui se demandaient encore en quoi les protégerait une ceinture aussi spartiate, vous avez désormais votre réponse. Les cas de blessures par turbulence, bien que rares, sont directement dues à une omission du port de la ceinture de sécurité.

L’idéal est donc de la verrouiller une fois dans son siège et de bien suivre ces consignes de sécurité paraissant toujours un peu exagérées aux premiers abords.

Pour en finir avec la crainte des turbulences…

Comme vous pouvez le voir, nous sommes bien loin des histoires fantaisistes d’avions qui « tombent ». En réalité, ces turbulences qui cristallisent la peur en vol sont paradoxalement des événements à faible risque. De quoi faire réfléchir !

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