Au Hasard

Le retour de Voyage ou le blues du Voyageur

Affronter le blues du voyageur

Vous êtes sans doute familiers du conflit interne qui naît lors du retour si vous avez déjà expérimenté un Voyage sur plusieurs semaines ou mois (voire années ?). La peur des habitudes ? Pas seulement. De fait, nous sommes surtout confrontés à de nouvelles attentes sur nous-même et les autres. Le Voyage a remis en perspective certains éléments de notre vie qu’il va falloir appréhender et associer à la réalité.

 


Tout homme est tiraillé entre deux besoins, le besoin de la Pirogue,
c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même, et le besoin de l’Arbre,
c’est à dire de l’enracinement, de l’identité,
et les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre ;
jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue.

Mythe mélanésien de l’île du Vanuatu


 

Pourquoi l’idée de rentrer peut sembler douloureuse

Chérir la liberté…

La vie sur la route est exonérée de toutes contraintes sociales et des divertissements qui bouchent notre vision du quotidien. On y trouve un état où l’on se sent plus « vrai », à l’écart des schémas. Nous sommes définis sur l’instant. Ce sentiment de grâce apporte bien une liberté intérieure à peine croyable.

Il n’est pas rare de croiser des voyageurs ayant reporté leur retour de plusieurs mois, voire (cela s’est vu), de plusieurs années. Dans la recherche constante de ces ressentis, ces derniers ont préférés prolonger leur expérience. Certains en ont même développé une peur de retourner chez eux.

…et en comprendre le sens

Il est facile de se débarrasser de ses chaines, toutefois il est bien moins évident d’accepter toutes les responsabilités induites par ces changements.

Ce besoin de ne plus s’arrêter est simple : quand on ressent de la magie dans la baroude, pourquoi ne pas aller plus loin et chasser sans cesse cette dernière ? Pourquoi ne pas tenter d’en saisir les poussières, encore et toujours ?

Mais ce raisonnement a un travers : La magie ce n’est pas le Voyage. C’est l’effet qu’il induit en nous. Et rentrer n’est pas synonyme de mener sa vie telle qu’elle était au départ.

Rien n’oblige à faire un demi-tour au moment de rentrer. Il faut savoir prendre sur ses épaules les leçons apprises en route pour les emporter chez-soi.

Puis continuer.

Il faut accepter d’où l’on vient pour savoir où l’on va, et rentrer fait parti du Voyage. Notre corps et nos pensés ont besoin de synthétiser toutes les rencontres, toutes les découverte. Autant que le Voyage permet de prendre du recul sur son quotidien, le retour permet de prendre du recul sur le Voyage, et d’en apprécier les moments les plus difficiles. Le Voyage n’est alors plus une fuite mais une part de soi-même.

De l’équilibre du Voyageur

Le choc du retour

La publication de la chaire de psychologie de l’Université Laval exprimera l’idée bien mieux que nous le pouvons : « C’est quand la réalité de votre vie «habituelle» vous rattrape que survient le véritable choc du retour. Ce contact avec la réalité advient habituellement quand la tournée des visites est complétée et que les gens sont de nouveau habitués à votre présence. Pour votre famille, vos amies et amis, la magie est passée. Ils ont vu vos photos de voyage et s’intéressent moins à votre expérience. Ils considèrent que le temps «régulier» est revenu et que vous devez faire face à vos obligations. Pour vous, ce n’est pas terminé. Vous n’êtes peut-être pas convaincu ou convaincue que le chemin de vie que vous vous étiez tracé avant votre départ vous convient encore.« 

Alors que faire ?

Sonder l’évolution de ses valeurs avant de retourner chez soi est nécessaire, notamment notre approche au temps. La vie de tous les jours va paraître trop rythmée, la réintégration quant à elle sera plus lente. Pour éviter les lourdeurs émotionnelles, autant se prévoir une période d’adaptation.

Dans le cas d’un séjour au long terme, plusieurs facteurs anxiogènes sont à prévoir : des problèmes laissés sur place refont leur apparition, l’argent manque, les proches semblent en décalage avec notre point de vue, l’avenir professionnel peut paraître vide et pas super excitant… Bonne nouvelle, tout cela est normal. Notre cerveau est ainsi fait qu’il doit ré-associer nos pensées à notre environnement.

Face à ceci, une seule vraie et unique solution : Ayez des projets !! Un grand Voyage doit être l’occasion d’ajuster notre vision de la vie, et d’y construire un « plan de match ». C’est à dire une véritable projection de ce vers quoi l’on désire tendre. Rien de pire que de rentrer et de se sentir « paumé ».

La préparation au retour doit se faire…avant le retour

  • Anticipez, imaginez la vie que vous voudriez vivre en rentrant avec réalisme, et ce qu’il vous faudrait faire pour y parvenir.
  • Osez penser boulot avant de reprendre l’avion : la plupart d’entre nous repousse cette échéance. L’idéale serait pourtant de profiter d’un cadre agréable pour se poser les vrais questions.
  • Soyez actif, on ne le répétera jamais assez. Sortez voir un ami, faites du sport, repeignez cotre salon. Restez en mouvement.
  • Projetez-vous sur votre prochain Voyage…!

Pas de solutions miracle, mais une bonne dose de conscience. Le Voyages aura une fin. L’accepter c’est déjà s’y préparer. Cependant un point important est à mettre en exergue : tout ce que vous y aurez appris peut s’appliquer au quotidien et permettre de prolonger l’expérience. Défendez votre nouvelle zone de confort à tous prix, le bonheur n’est pas exclusivement ailleurs.

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