Au Hasard

Opinion : Pourquoi la plus jeune femme à avoir visité tous les pays du monde ne nous fait qu’à moitié rêver.

Pourquoi la plus jeune femme a avoir visité tous les pays du monde ne nous fait qu'à moitié rêver.

Connaissez-vous Cassandra De Pecol ? Cette jeune américaine de 27 ans est sur le point de rentrer dans le Guinness des records en tant que plus jeune femme ayant visité l’ensemble des 196 pays souverains du monde, et ce en 15 mois. Un périple à plus de 200 000$ financé par des sponsors et des dons, et adossé à l’Institut International de la Paix par le Tourisme.

Côté pile, un challenge personnel

L’idée de visiter la totalité de la planète est un fantasme vers lequel souhaiterait tendre nombre de voyageurs. Se voir vieillir plein de souvenirs dans la tête, avec comme principal témoins une liasse de passeports colorés de tampons et Visas de tous horizons…

On ne peut pas reprocher à notre voyageuse d’avoir eu le désir de battre un record – pourquoi pas après tout -, ni d’avoir bénéficié d’aide ou d’avoir mis en avant divers engagements.
C’était son choix, on ne peut que respecter la volonté dont elle a dû faire preuve pour initier ce projet, bien que la forme choisie a de quoi laisser circonspect (nous allons y venir).

En revanche, la couverture médiatique et promotionnelle assez simpliste a eu de quoi faire grincer nos dents de backpacker. Aucune critique gratuite ici, simplement l’amertume de voir mise en avant une vision du Voyage bien éloignée de la réalité.

Côté face, une réalité loin de fasciner

Trois jours. C’est la durée moyenne passée par Cassandra dans chaque pays « visités ». On en vient vite à un système de liste à cocher plus que d’un Voyage initiatique tel que dévoilé à travers le web…

Si la presse ne s’en était pas mêlée

Cela ne serait pas bien dérangeant si les articles disponibles ça et là n’avaient pas présenté ce projet comme le désir de tout jeune de son âge. « De quoi vous donner envie de l’imiter », « une accro aux Voyages », « vous en rêviez ? Elle l’a fait ». Le tout est bien entendu saupoudré de photos Instagram toutes plus paradisiaques les unes que les autres, avec la jeune femme en pleine pose de yoga devant le soleil couchant ,ou en bikini face aux eaux turquoises. Toujours avec le même sourire resplendissant, la voilà bien habillée, la pose est parfaite, de même que le cadre.

 

 

196 pays en moins 15 mois.

On imagine sans trop de soucis notre protagoniste au sortir de l’aéroport où l’attend une voiture, filer vers son nouveau lieu de rêve, prendre quelques photos sur place, recommencer ailleurs au pas de course, puis repartir pour le prochain vol après avoir attendu de transiter, le tout en moins de 72h. Du rêve en effet. À savoir que pour les arrêts les plus à risques (Irak et Afghanistan pour ne citer qu’eux), cette dernière s’est bien évidemment contenté de rester à proximité de la zone aéroportuaire pour des raisons de sécurité.

Et la principale intéressée dans tout ça ?

« Je souhaitais aller dans chaque pays pour connaître le plus de choses possible sur le monde. Je voulais sortir de ma zone de confort et laisser une trace sur mon passage ».

« Je suis intriguée à l’idée d’apprendre de nouvelles cultures, de voir de nouveaux paysages et d’en savoir plus sur toutes les religions ».


On ne sait pas vous, mais pour nous il y a comme un « bug ».
On peut présager qu’à l’avenir Cassandra continuera à parcourir le monde d’une manière plus posée, mais en attendant on ne peut que constater un décalage entre un discours plein de bons sentiments (et de promotion ?) et les faits. Force est de reconnaître que nous aurions préféré un partage plus honnête et concrets de sa part, la jeune demoiselle dormant dans des hôtels de bon standing et étant en permanence véhiculée. Qui oserait mettre en avant l’apprentissage des cultures de cette manière et en si peu de temps.

Alors, cela tient-il de la naïveté ? On pourrait le penser. En creusant un peu on découvre cependant bien vite que face à sa renommée sur la toile, de nombreux sponsors ont rejoint le projet afin de soulager un budget conséquent…Et d’inscrire leur nom à cette fable des temps modernes qui se doit d’être parfaite.

Si vous aviez encore des doutes, lisez ceci : sur le site consacré à son épopée est mentionné « un effort qui tient de la survie ». Vraiment ? Nous sommes à même de croire que le défi logistique et le rythme auquel celle-ci doit s’astreindre est important, voire épuisant, mais la promotion est allée un cran trop loin.

« Je représente la voix de la génération Y à travers le monde ». Ok n’en dites pas plus, on décroche.

Un relatif bravo pour ce titre de « Voyageuse la plus rapide du monde » et pour l’organisation impressionnante. Mais que ce périple soit la résonance de ses efforts, et ne se fasse pas au nom d’une génération qui n’a jamais autant aspiré à retrouver de l’authenticité dans ses Voyages.

Commentaires

Commentaire(s)

Abonnez-vous pour faire le pleins d'infos Voyage !


(Vous détestez les spams ? Ça tombe bien nous aussi.)