Au Hasard

Quelle est la meilleure attitude à adopter dans un pays faiblement développé ?

D’après l’Université du Maryland, plus de 50 millions de voyageurs occidentaux se rendent sur les routes des pays en développement chaque année. Les raisons sont diverses, allant du climat chaud et ensoleillé à l’intérêt culturel, en passant par l’attrait d’un budget modéré ou l’envie de se dépasser.

Dans les pays à très faible développement, le backpacking reste une expérience particulièrement forte, que ce soit pour la première fois, ou que l’on ait déjà bien crapahuté. Accès difficile aux moyens de communication, infrastructures d’hébergement ou de transport peu disponibles au delà des grandes villes, une certaine pauvreté, un comportement particulier à tenir… Beaucoup de questions se posent au moment de planifier ce Voyage. Une crainte légitime, mais vite effacée face à la piqûre d’humanité et d’authenticité accompagnant bien souvent ce genre de destination.

Mais pour quel raison se rend-t-on dans des pays dit « pauvres » ?

Oubliez les accusations faciles de voyeurisme. Voyager dans les pays les moins favorisés de ce monde est une aventure souvent bien plus gratifiante et utile que ce qu’on imagine. C’est un monde peu connu la plupart du temps : la pauvreté implique trop régulièrement un tourisme limité à certaines zones « présentables ». C’est un fait. Madagascar possède sur son île quelques-uns des plus beaux resorts de la planète, mais peu nombreux sont leurs occupants à profiter de la vie hors-circuits. Dans l’extrême on pourra trouver des pays comme le Bangladesh, où l’on ne rencontre parfois plus un seul de ses coreligionnaires une fois sorti de Dhaka, la capitale.

Où est la gratification dans tout ça ? En tant que voyageur, elle est dans cette sensation d’avoir réalisé un parcours unique et peu connu du grand public. En tant qu’être humain, elle se nourrit de la satisfaction d’avoir osé : osé voir un univers que l’on évite souvent du regard chez soi, osé se confronter à ses craintes et à la solitude, osé s’être trouvé comme un Homme parmi d’autres Hommes, malgré les différences.

Comme nous l’aborderons ici, ceci implique plus que jamais de maitriser son comportement et d’évaluer son impact. Car aussi étonnant que cela puisse paraitre, ce genre de baroude réclame une réflexion bien particulière.

Une approche simple pour une expérience exceptionnelle

Agir comme un local…sans trop en faire

Construire un pont culturel avec les habitants est rendu d’autant plus facile que l’on se soumet à leurs coutumes et que l’on respecte leur approche des relations humaines. C’est aussi un moyen efficace de donner une image positive du voyageur. Alors lisez tout ce que vous pourrez quant aux pratiques et tabous avant votre arrivée, apprenez la manière de se saluer, assurez-vous que vos propres mœurs et habillements ne seront pas de nature à choquer ou déranger, et n’oubliez jamais que ce qui est normal chez vous ne l’est pas forcément ailleurs.

Nul n’est forcé à s’assimiler totalement aux habitudes locales, mais s’adapter au mieux permet d’autant plus de comprendre de l’intérieur sa destination. Ce sera votre force pour tout votre parcours. Allié à un bon sens de l’humour et à une certaine ouverture d’esprit, dite vous bien que ce comportement touchera au cœur des locaux souvent fiers de voir un visiteur sur leurs terres. Fiers d’être compris dans leur identité la plus profonde.

Donner ou ne pas donner ?

L’éternel question du voyageur en pays défavorisé : comment aider ceux dans le besoin avec pudeur ? Comment « bien-faire » face à des gamins des rues qui se rassemblent autour de vous en tendant la main ? Chacun aura sa philosophie, voici cependant quelques éléments de réponse que nous pensons important de partager ici.

Il faut toujours bien être conscient que donner de l’argent encourage la culture de la mendicité, et induit l’air de rien de creuser encore plus profondément le fossé entre riches et pauvres. Bien souvent dans le cas des enfants, l’argent récolté n’ira pas directement dans leur poche, mais finira dans la main d’un chef de bande parfois pas plus âgé qu’eux, l’exploitation d’orphelins est une réalité partout dans le monde. C’est aussi régulièrement le cas avec les adultes : la mendicité peut vite devenir un véritable business pour ceux qui en tirent les ficelles. À la place il sera toujours préférable d’acheter une bricole à un vendeur des rues que de donner. Cela reste un moyen simple et concret de valoriser un effort.
Néanmoins, si vous ressentez le besoin de donner à quelqu’un, essayez de mettre une valeur sur ce don. Demandez lui de vous indiquer la route en échange, de vous apprendre 2/3 mots dans sa langue, de vous arrêter un transport, etc.

Et si le véritable impact était de dépenser avec sagesse ?

En emportant des devises avec vous, vous ramenez mécanique de l’argent frais à l’économie locale. C’est une bonne nouvelle pour tous, toutefois vous pourrez avoir encore plus d’impact en réfléchissant à la manière d’user de vos sous. En résumé : dépensez local autant que possible. Achetez vos nécessaires de toilette dans la boutique du coin, faites réparer votre semelle chez un cordonnier plutôt que de racheter une paire fabriquée ailleurs, mangez dans un resto de rue, les possibilités sont infinies ! Ce sera de plus un excellent moyen de rencontrer un grand nombre de locaux qui pourront vous aidez et vous conseiller.

Pour ce qui est de négocier, il n’y aura en général pas de soucis. C’est une pratique rependue qui réclame simplement de ne pas pousser trop loin. Assurez-vous que le prix final soit juste pour tous, voire un peu plus élevé que prévu.

Être exemplaire : le meilleur moyen d’aider à développer durablement le pays

Il est toujours saisissant d’hypocrisie de voir des touristes occidentaux faire sur place des choses qui paraitraient inacceptables, ou illégales, dans leur propre pays. N’oubliez pas que votre comportement influence bien plus la vie local qu’on ne le pense. Les jeunes notamment, sont les plus fascinés par ces voyageurs venus de pays riches dont ils fantasment la vie et copient les habitudes. Dans un autre registre, des quartiers entiers de Bangkok sont ainsi devenus à l’époque, et en l’espace de quelques années, des plate-formes du sexe et de la drogue. Certains roitelets de la ville ont compris qu’il feraient plus d’argent par ces biais qu’en investissant dans métiers « propres ».
À nous tous donc de représenter ce que devrait être le tourisme ou le backpacking : un véritable partage, car voyager c’est avant tout être bienveillant envers son hôte ou son visiteur.

En profiter pour se développer intérieurement

Au delà des paysages et des scène de vie fantastiques que l’on y vit. Ce genre d’aventure reste un moyen extraordinaire de développement personnel. À moins de rester cloitré dans l’hôtel du quartier, ces destinations particulières vous propulsent à ce point hors de votre zone de confort que c’est tout un schéma de pensée que l’on fait évoluer. C’est donc le moment idéal pour apprendre des éléments de langage, se plonger dans la grande Histoire, et voir avec des yeux ouverts tout ce qui peut paraitre improbable ou interpellant.

Ne nous méprenons pas : l’importante différence de revenu entre le voyageur et les locaux fera quoi qu’il en soit de vous un « riche », et beaucoup le verrons tout d’abord ainsi. S’adapter, c’est mettre en place tout un système de confiance apportant un lien vrai et sincère, et qui permet de gommer une partie de cet écart matériel.

On ne revient jamais tout à fait indemne d’un Voyage dans un tel pays, et peut être est-ce là l’un des plus beau cadeau que nous offre le voyage.

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